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Destination Californie…

juin 24, 2011

Je suis en plein préparatifs pour le voyage en Californie… Bien que les voyages en Winnie n’aient pas besoin d’un maximum de préparatifs et qu’ils puissent faire place à une multitude rebondissements, le fait que les enfants nous rejoignent en avion demande un minimum d’organisation…

L’itinéraire global est le suivant: De Las Vegas, nous traversons le désert de Mojave pour nous rendre à Los Angeles, nous montons ensuite vers le nord, notamment via la US 1 (Big Sur), pour nous rendre à San Francisco, puis nous nous dirigeons vers Yosemite, Kings Canyon et Sequoia national State Park, par la suite, nous traversons Death Valley pour retourner à Las Vegas où les enfants prendront l’avion pour Montréal….

Pat et moi, nous attarderons dans le désert de l’Arizona et du Utah. Deux itinéraires nous intéressent, pour ma part, l’un plus que l’autre… La présence humaine en Amérique date d’il y a fort longtemps, ce qui me passionne, comme vous le savez au plus haut point, j’ai donc envie de plonger dans le monde sacré des Amérindiens de ces états tout en admirant des paysages spectaculaires….

Puisque j’ai une clé turbo, en principe, le voyage devrait être, pour la première fois, relaté en temps réel.. ;-)

À bientôt…

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Pour terminer… Quelques jours à Lima…

juin 23, 2011

Ainsi s’achève l’extraordinaire aventure au Pérou…   Au retour de Huaraz, nous avons passé, Ginette et moi, quelques jours à Lima. Ainsi, avec les autres voyageurs, avant qu’ils ne partent, nous avons visité le centre historique de Lima dont la cathédrale, l’église de San Francisco avec ses catacombes lugubres et la grande place centrale. Par la suite,  nous avons souper à la « Pena Candelaria » où nous avons assisté à un spectacle folklorique. Je me suis bien amusée et je suis même montée sur scène pour commettre quelques pas de danses péruviennes.

Ensuite, les autres voyageurs ont quitté pour Montréal et nous avons rayonné autour de notre petit hôtel, le « EL PUKARA » dans le quartier de Miraflores à Lima, sur le bord de l’océan, qui tout au long du voyage, nous a servi de centre gravitationnel. À ce stade-ci, c’est un peu comme être à la maison, toute chose étant relative par ailleurs… Là, bien que nous puissions déguster un excellent café au lait chez Starbuck, les us et coutumes des gens qui nous entouraient ne cessaient de nous surprendre de par leurs différences avec les nôtres (fêtes du dimanche dans la place centrale par exemple). En effet, même dans le Pérou moderne, nous étions dépaysées…

Ce voyage a fait de moi une personne différente. C’est cliché, mais c’est la réalité… Ma rencontre avec le Pérou, ses habitants et leur culture m’a permis de vivre une expérience intense qui la plupart du temps ne me paraissaient pas arrangée, si ce n’est à Cusco où de faux paysans quéchuas voulaient prendre la pose avec nous moyennant quelques dollars. L’été dernier, j’avais envie d’aventures, de découvertes, d’intensité, et je voulais me prouver que j’étais capable de voyager seule. J’ai marché des kilomètres et des kilomètres dans les Andes en marge de la modernité, j’ai couché sous la tente, j’ai dû faire confiance à ceux qui m’entouraient, j’ai conquis des sommets, traverser des cols et chemin faisant, j’ai apprivoisé les effets de l’altitude sur mon corps, j’ai emprunté des sentiers vertigineux et si étroit, qu’un faux pas m’aurait entrainé des centaines de mètres plus bas.  J’ai eu froid, j’ai ri, j’ai pleuré, je me suis émerveillée, j’ai fait preuve de détermination et même, de courage, j’ai eu des bulles d’ivresse mentale, j’ai savouré chaque instant.  Je peux affirmer que ce voyage au Pérou ne sera pas le dernier en Amérique du Sud…

La cathédrale

Plaza de Armas

Le monastère de San Francisco (catacombes)

De très belles vagues pour surfer

Justement... Il y a des surfeurs!

La statue des amoureux...

Un diner avec une vue fabuleuse

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Le trek de Llanganucco dans le parc National de Huascaran…

mai 31, 2011

C’est vers le parc National de Huascaran que nous partons très tôt le matin, et ce, afin de faire un deuxième trek dans la cordillère blanche. La première journée, l’autobus nous dépose en altitude et nous marchons pendant plusieurs heures en face des impressionnants glaciers du parc dont le Huascaran, emblème de Paramount picture et donc familier à de nombreuses personnes dans le monde entier.  Nous dinons près d’un lac et des taureaux, non impressionnés par notre présence, nous intimident grandement en s’approchant insolemment de nous.  Ensuite, nous nous dirigeons jusqu’à Cebollampampa où nous passons la nuit sous la tente. Le lendemain, nous rechaussons nos bottes de marche et nous grimpons vers le lac 69 de Llanganucco… L’arrivée au lac, à 4700 mètres d’altitude, représente pour moi un moment euphorique, et ce, certainement à cause de la majestuosité de ce lieu unique, splendide et merveilleux et surtout, j’en suis persuadée, parce que je m’y suis rendue à pied, bravant courageusement les sentiers abrupts et les effets de l’altitude. Quelle fierté ! Pour couronner le spectacle grandiose de la nature, une avalanche se déclenche sous nos yeux…   Puis, nous redescendons vers les lacs Chinancocha et Orconcocha.

Savez-vous que le Huascaran (6 768 mètres) est la plus haute montagne tropicale du monde ?

Savez-vous qu’une cinquantaine d’autres sommets du Parque National Huascaran dépassent les 5 700 mètres d’altitude, et bien d’autres encore aux limites du parc,  faisant de cette région le deuxième toit du monde après l’Himalaya ?

Entourée d'immensité

Les lacs Chinancocha et Orconcocha

Les trekkeurs

Portion d'immensité... Quand un lac de tête a l'air d'une flaque d'eau, force est d'admettre que la démesure est de ce monde...

Le mont Huascaran

Se recueillir devant tant de beauté...

J'ai trouvé l'arbre de Tim Burton dans la cordillère blanche

Les glaciers fondent à une vitesse folle...

Le campement pour la nuit

Approche du lac 69 au pied du Chacraraju

Un joyau apparait sous mes yeux...

Ton de blanc, de gris et de bleu... Splendide!

La fierté du dépassement de soi...

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Huaraz et la cordillère blanche

mai 31, 2011

Pour venir à Huaraz, l’itinéraire était des plus compliqué: train d’Aqua Calientes à Ollantaytambo; minibus d’Ollantaytambo à Cusco; avion de Cusco à Lima et enfin mégabus de nuit de Lima à Huaraz… Ce grand déplacement a duré environ trois jours en tout et pour tout, agrémenté de temps libre pour déambuler à Cusco, déguster de délicieux repas péruviens et jouer au « trou de cul » avec des cartes érotiques représentant des statuettes précolombiennes.

Huaraz, nichée au creux de la cordillère blanche à 3 900 mètres d’altitude, dominée par d’immenses sommets enneigés dont le Huascaran (que vous voyez au début des films de Paramount picture), n’est pas une ville à l’architecture inca ou coloniale comme Cusco, car des séismes l’ont détruit à plusieurs reprises tuant des milliers d’habitants et détruisant la plupart des bâtiments. Alors bien que les habitants soient vêtus de manière très traditionnelle, les édifices ont des allures beaucoup plus modernes. On dit que les touristes ne viennent à Huaraz que pour se rendre ensuite dans la cordillère, la ville ne présentant aucun attrait particulier.

Nous n’entreprenons le trek llanganuco que le lendemain de notre arrivée ce qui nous donne l’occasion de profiter d’une matinée libre accueillie avec bonheur, car c’est ce qui manque pendant ce voyage… Certains en profitent pour dormir, mais Ginette et moi, nous installons à l’extérieur, sur le toit de l’hôtel,  pour lire et écrire, entourées des immenses sommets blancs qui dominent le paysage.

En après-midi, nous allons au musée, déambulons dans les rues, versons des larmes en regardant passer le cortège funéraire d’un enfant, ce qui nous cause un choc culturel immense, et nous rendons aux sources chaudes de Monterrey qui sont bien différentes de celles de Lares… En effet, je doute des motivations des certaines personnes s’y trouvant, car je les soupçonne d’activités illicites, bien que ce soit formellement interdit. D’ailleurs, je trouve très louche l’attitude d’un baigneur qui, assis à l’autre extrémité du bassin semble vivre un évènement d’une langueur incroyable. Pendant ce temps, de l’autre côté, une Péruvienne épouille son mari…

J’adore cette ville… Je ne dois pas être une touriste ordinaire. J’ai l’impression que tout est vrai ici, contrairement à Cusco. Tout ce que je vois, tout ce que je sens, tout ce qui arrive représente la vraie vie. Ce n’est pas un portrait créé pour plaire aux touristiques, leur procurer un sentiment de réalité faussé, d’avoir l’impression d’assister à la vie paysanne des Quéchuas. Quelle frime!

À Huaraz, ils vaquent à leurs occupations, ils mènent leur mort vers le repos éternel en chantant, avec tambours et trompettes, en pleurant et en déambulant dans la rue avec le cercueil, ils ne cherchent pas le contact avec les touristes pour se faire photographier en échange d’un peu d’argent, ils existent dans leur réalité, tout simplement. J’ai eu la chance de vivre en parallèle avec les habitants de cette ville (des Quéchuas), d’entrer dans l’intimité de leur réalité quotidienne, une dimension tout autre qui allume une étincelle en moi.  Les seuls touristes rencontrés sont des alpinistes et des randonneurs, Huaraz est une ville de passage vers la cordillère blanche, mais pour moi, elle représente beaucoup plus.

Vue du toit...

Vue du toit...

Une ville aux allures plus moderne

La Plaza de Armas

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Le trésor péruvien… Le Machu Picchu!!!

mai 22, 2011

Voir Machu Picchu… Un rêve que de nombreux humains partagent, et ce, qu’importe leur origine, puisque c’est le symbole par excellence de la civilisation inca, laquelle a réussi à laisser des traces importantes de son passage en Amérique et du niveau de développement important qu’elle avait atteint en astronomie, en agriculture et en architecture. Je vous l’ai déjà dit, mais les Quéchuas, descendants de la classe ouvrière inca, pensent que la noblesse inca  a réussi à  fuir et à s’établir à un endroit où il est impossible de la retracer, et ce, même à l’ère moderne avec les satellites et toutes les technologies existantes. En Amazonie, par exemple…

J’avais des doutes, de gros doutes par rapport au plaisir que pouvait me procurer la visite de Machu Picchu. La visite du site de Pisaq, après notre disparition dans les Andes (alors que nous étions complètement à la merci de nos guides et de notre destinée) (j’aurais pu me faire violer [ne riez pas] ou encore me retrouver avec un oedème cérébral à cause de l’altitude), je me disais que cette visite ne pouvait que me déplaire… Écoutez, j’étais une Quéchua jusqu’au plus profond de l’âme à ce moment-là !  Alors y monter à pied avait pour moi un attrait initiatique certain.

Toutefois, la Quéchua spirituelle était fatiguée d’avoir tant marché, gelé (la nuit) et résisté à l’altitude lors de ces pérégrinations dans la vallée sacrée… Je décidai de ne pas me lever au petit matin, de monter jusqu’au site en autobus et de laisser la difficile ascension à d’autres. J’avoue, j’avoue que si un des autres voyageurs m’avait tordu le bras pour le faire, je me serais probablement laissé tenter…   Alors, nous sommes montés aisément, presque en chantant, dans un autobus, sur une route en lacet qui montait gaiement vers ce sommet abrupt et légendaire.

C’est l’Inti Punku que je voulais attaquer ( la porte du soleil) (probablement le sentier le plus vertigineux que j’aurai fait de ma vie), un autre défi de dépassement, car je voulais vérifier que j’avais bel et bien laissé mon vertige au Québec. En effet, la Caroline qui avait passé près de rouler sous les roues d’un camion sur le pont suspendu de Taos au Nouveau-Mexique avait disparu. Elle n’existait plus. Elle n’avait tout simplement pas le choix (elle a un caractère de cochon) (elle fonce) et Pat n’était pas là pour la soutenir…

J’ai été submergée d’admiration lorsque j’ai contemplé Machu Picchu, mais j’ai pleuré de joie, de fierté, de peur et de vertige, quand je suis arrivée à la porte du soleil, d’où je pouvais voir Machu Picchu au loin sur son escarpement rocheux… Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai eu peur à certains endroits sur le sentier, surtout quand je voyais la rivière (d’à peine quelques millimètres du sommet où je me trouvais) et la route zigzaguer avec cette impression d’y atterrir, si par hasard, le pied me manquait ou le vide m’avalait. Un défi surmonté, un moment à inscrire dans le fichier « intensité ».

J’aurais pu vous dire que le Chili a tenté de s’approprier le Machu Picchu, que le site s’affaisse de plusieurs centimètres par année parce que l’affluence touristique est disproportionnée, que malgré moi, j’avais un certain jugement envers les touristes qui couraient à côté de nous sur les terrasses avec leur grosse caméra et qui ne nous laissaient pas un centimètre pour respirer (heureusement qu’ils ne montaient pas vers l’Inti Punku), que les lamas avec des pompons aux oreilles étaient d’une quétainerie certaine (mais je m’abstiens, faites comme si vous n’aviez pas lu ce paragraphe).

Notez bien que je garde l’estampe du Machu Picchu sur mon ancien passeport avec fierté dans ma boite à souvenir (avec une mèche de cheveux de Sara, un foulard de ma grand-mère qui conserve encore son odeur, des billets de spectacle, les bracelets d’hôpital de mes enfants, quelques dents de bébés, etc.).

Le sanctuaire historique de Machu Picchu, site du patrimoine mondial depuis 1983 (génie créateur, témoignage de tradition culturelle, beauté ou phénomène naturels, processus écologiques ou biologiques ayant une grande signification).

Avec Gigi

Machu Picchu qui se trouve à 2 400 mètres au-dessus de la mer est construit dans un environnement magnifique, mystérieux, vertigineux...

Machu Picchu au loin et la route qu'empruntent les autobus pour gravir la montagne escarpée sur laquelle est bâti le site...

Et vous... Auriez-vous emprunté ce sentier vertigineux ?

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Une sortie difficile…

mai 7, 2011

C’est le dernier réveil matinal du trek de Lares.  Dernier thé de coca offert par une petite ouverture du moustiquaire de la tente…  Aujourd’hui, nous descendrons en vélo de montagne vers Ollantaytambo en suivant la rivière Urubamba au creux d’un magnifique Canyon cerné de montagnes abruptes.  C’est magnifique. Grandiose.

Nous sommes calmes, sales, éreintés, pleins de ce que nous venons de vivre dans les Andes.  D’ailleurs, nous en émergeons après plusieurs jours d’isolement, de recueillement, alors que nous vivions axés sur nous-mêmes et notre minuscule groupe. En arrivant à Ollantaytambo, je suis dérangée, comme tous mes compagnons,  par la horde touristique qui a pris d’assaut les importantes ruines incas qui entourent le village. Ils sont pressés, impolis, parfumés, agressants… Bien que ces ruines, situées au pied de Machu Picchu, soient impressionnantes, le choc ressenti rend la visite difficile.  L’espace d’un instant, je m’inquiète même  pour la visite du Machu Picchu qui aura lieu le lendemain. Surtout que je sais que ce dernier est le site principal du Pérou, sa plus grande richesse économique…

Nous faisons nos adieux à notre guide Samaon et nos cuisiniers nous préparent un dernier repas que nous dégustons au-dessus d’un magasin général dont je brise la chasse d’eau qui est, croyez-le ou non, suspendue très haute sur le mur.

Nous partons ensuite pour Agua Calientes en train.  Nous voyons bien que le dénivelé des montagnes est abrupt puisque le chemin de fer suit la rivière, qui entoure les sites incas,  au creux d’une vallée profonde.  Rebelles, nous buvons, en cachette,  un peu de vin dans le train. Petite récompense bien méritée…

À notre arrivée, nous nous hâtons tous vers une douche bienfaisante  pour nous décrotter de la tête aux pieds.  Pas d’eau chaude, pas de pression, voilà les aléas qui nous attendent… D’ailleurs, mes préoccupations péruviennes sont si simples : avoir à manger, de l’eau chaude et de la pression pour me laver, un lit sans poils inconnus et, il faut que je l’avoue, des advils pour calmer le mal de cou qui ne me laisse aucun répit depuis le début du trek…

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Andes, crottes de moutons et toilette turque de luxe

février 15, 2011

Le ruban doré se déroule sous mes pieds, la légère poudre de terre ennuage mes pieds et salit mon pantalon. J’en ai d’ailleurs plein le nez, la peau du visage et les poumons.  Cette terre sent le soleil et… le crottin de moutons.

Les cuisiniers, qui nous précède, ont déjà monté les tentes sur la rive du lac. Mon estomac crie famine et je salive à l’idée de le remplir de leur délicieux repas. J’arrive la seconde derrière le guide qui m’incite à m’étendre sur mon tapis de sol (celui sur lequel je dors la nuit). Je suis totalement déstabilisée, lorsqu’ il le déroule sur une multitudes de petites crottes de moutons.  Éreintée, je finis par m’allonger en offrant mon visage au soleil, les yeux grands ouverts sur l’immensité qui m’entoure, le coeur plein de gratitude envers la vie qui me tend sur un plateau d’argent une si belle aventure, l’esprit à peine occupé par les déchets organiques reposants sous et autour de moi…

Les autres arrivent et je partage mon dégout avec eux.  Andréanne évalue que nous avons peu de chances d’attrapper des maladies, cela ne semble pas l’inquiéter outre mesure.  Puisqu’elle est médecin, je décide de vivre harmonieusement avec TOUT ce qui m’entoure. Tout ce que mes inquiétudes m’apporte, ce sont quelques petits commentaires humoristiques:  “Caro, quand ta gourde a dévalé la pente tout à l’heure, elle a dû frôler quelques crottes… Non? Et ta caméra qui l’a suivie?” Je ne regarde plus ma gourde de la même manière…

Nous arrivons à Patacancha à la fin de l’après-midi. Les tentes sont montées sur une terrasse derrière une maison du petit village. Bonheur! Le trou dans les toilettes est assez profond pour que l’on ne voit pas les besoins des autres, bien qu’elle soit un peu à l’écart…  Il faut convenir que notre vision du monde a changé puisqu’on s’extasie sur la présence d’une toilette rudimentaire, un gros plat de pop corn accompagné d’un thé de coca et une tente montée où l’on peut dérouler notre sac de couchage pour nous reposer un peu…

Nous prolongeons l’heure du thé et  jouons aux carte jusqu’au souper. Nous rions aux éclats et l’hilarité à son maxium lorsque Jean-Michel se lève excédé pour aller demander aux gens dans la maison d’arrêter la chanson qui joue à  répétition  depuis au moins deux heures et qui est un mélange atroce de western et de  chip’n'dales…

Joie, gaieté, discussions animent notre courte soirée avant que nous nous couchions lasses et fourbus par l’altitude et les efforts physiques.

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Au coeur de la vallée sacrée

février 8, 2011

 

La nuit est agitée. Alors que des combats de bêtes féroces se livrent à l’extérieur, pour nos corps éreintés, le repos n’arrive pas à sublimer la morsure du froid intense qui pénètre les chairs jusqu’aux os et solidifie notre sang à l’intérieur de nos petites veines glacées. Par ailleurs, c’est avec une tuque, des combinaisons polaires, des gros bas de laine achetés à Cusco à une Péruvienne, qui les a tricotés avec amour, que je m’endors. Gigi et moi, on se colle, sac de couchage contre sac de couchage, parce qu’on a froid et ça change, du fait même, l’intimité de notre relation qui jusqu’à maintenant se limitait à partager la même couverture sur un banc d’estrade trempé par la pluie pendant que nos filles partagent la vedette d’un match de soccer.   Plus de bêtes féroces qui me glacent le sang en grognant tels les monstres imaginés dans mon enfance, de coeur battant et de souffle court à cause de l’altitude, de douleurs physiques dues aux kilomètres parcourus… La paix… La paz… la ZZZzzzzz….

Je sors de mon paisible et bienfaisant sommeil interpellée par le cuistot qui, de l’autre côté de la toile de la tente, nous offre à chacune un thé de coca, élément essentiel à un réveil aussi matinal, il doit être 6 heures à peine, et très utile pour contrer le mal de l’altitude. J’en veux un très fort et très chaud.

Aujourd’hui, nous progresserons dans les Andes pour nous rendre jusqu’au petit village de Patacancha. Entre les deux… il faut traverser le magnifique col « Ipsaycocha » à 4 500 mètres d’altitude. Le nombre de kilomètres à parcourir est inconnu. En fait, les seuls renseignements disponibles viennent de recherches effectuées sur le net : dix-huit kilomètres. Toutefois, les guides sont meilleurs quand il s’agit d’estimer le temps de marche et Samaon nous dit que nous marcherons près de huit heures.

À 3800 pieds d’altitude, certains d’entre nous commencent à  ressentir le mal de l’altitude : les énergies se consument, les têtes veulent exploser, les nausées donnent le vertige et il devient, pour eux, de plus en plus difficile de progresser.   Mais que pouvons-nous faire? Que peuvent-ils faire? Aucun moyen de communication n’est disponible puisque nous sommes perdus au coeur des Andes, alors il ne reste que la « moule d’émergence » pour les aider si cela s’avère nécessaire. Pour ma part, en dosant mes énergies, je m’en tire admirablement, bien que je me rende compte qu’il est difficile de progresser à des altitudes aussi élevées : je me sens lente, pesante, et si je pousse la machine, mon coeur s’emballe et je cherche mon souffle. 

Un pas après l’autre, voilà le leitmotiv… Je suis convaincue que la plus grande part de réussite d’une telle expédition est la force mentale.  Comme je suis intraitable et déterminée, rien ne peut m’arrêter (mon père n’a jamais été capable, ce n’est pas un col qui va avoir raison de moi).  Je suis confiante et je sais que je l’atteindrai, qu’importent le temps et l’énergie que je devrai déployer.

Le paysage qui s’étend sous nos yeux est admirable, quel bonheur d’en être partie prenante, de l’arpenter et de le découvrir. Des glaciers au loin reflètent la lumière vive du soleil, une mer de montagnes s’étend jusqu’à l’infini, des cochons, des alpagas et des moutons paissent paisiblement et déambulent près de nous sans crainte.  À un moment donné, j’ai les blues, car je me sens seule et dépendante des autres, sans Pat avec qui j’ai tout partagé au cours des vingt dernières années. Je scrute attentivement mes compagnons… Je crois pouvoir me fier sur eux, tout comme ils peuvent se fier sur moi, bien que je ne sache vraiment pas comment je pourrais leur venir en aide. L’important, c’est la force du groupe qui, pas à pas, franchit les distances, monte des cols et s’encourage mutuellement. Amélie, Louis, Ginette, Andréanne, Jean-Michel, Sophie, Geneviève et Samaon, je veux que vous sachiez que de partager cette immensité et cette intensité avec vous est un événement que je n’oublierai jamais…

Je ne peux passer sous silence quelques petits faits cocasses qui, bien que peu intéressants pour le déroulement du trek, fournissent de bien belles occasions de rigolades… Il y a la pomme, la fameuse pomme mangée juste avant de traverser le col à 4500 mètres d’altitude.  Insouciants, après avoir fait nos petits besoins un peu partout derrière les rochers que nous avons trouvés, nous arrêtons pour reprendre notre souffle, autant que faire se peut puisque l’air est de plus en plus rare. J’épluche lentement ma pomme avec le canif de Jean-Michel, mon scout préféré, puis je propose à tous un morceau de cette pomme que je qualifie de meilleure pomme à vie, dégustée dans le plus bel endroit à vie. Une expérience unique! Quelle pomme sera aussi bonne que celle-ci, croquée dans les Andes, au coeur d’une vallée inondée de soleil (et de crottins de moutons)? À partir de ce moment, et pour le reste du voyage, toute activité, tout événement ou beauté naturelle sera considéré comme le plus beau, le plus intense ou le meilleur [...] à vie!

Il faut passer le fameux col qui est si près et si loin à la fois. C’est tellement immense que je suis désorientée par rapport aux distances et aux proportions.    Amélie, quant à elle,  n’en peut plus, elle a la soroche (mal de l’altitude en quechua), elle monte sur la moule guidée par le jeune garçon au regard rieur. Malgré ses 10 ans et ses 4 pieds (semelles comptées), il a toute notre confiance et il la guide rapidement vers le col. Pour ma part, je progresse derrière le guide en ajustant mes pas aux siens, bien que je me demande encore aujourd’hui si ce n’était pas le contraire. Là est la question…   Pour le reste, je pense. J’admire. J’avance. J’admire. Je respire. J’avance.  Je pense. Je m’émerveille…

Puis, eurêka! Nous atteignons le col.. Émus, nous nous étreignons de joie et de satisfaction, je suis si pleine d’émotions que des larmes coulent sur mes joues. C’est l’ivresse du dépassement de soi, de la fierté, de la joie de vivre un moment unique et rare et d’en être consciente. Des montagnes s’étendent aussi de l’autre côté du col, un tout petit lac de tête apparait au loin et la piste inca, tel un ruban doré, suit le pourtour des montagnes, puis disparait…

Je suis habitée par les Andes…

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Le trek de Lares… (jour 1)

octobre 15, 2010

Après plusieurs heures de marche, nous arrivons enfin à notre campement qui se trouve  à la limite du village de Huakawasi  à 4 200 mètres d’altitude dans les Andes.  Les enfants courent vers nous et traversent la rivière glacée,  qui serpente dans la vallée,  pieds nus dans leurs sandales.  Le temps est très  frais depuis que le soleil s’est caché derrière la montagne et je grelotte pour eux bien qu’ils n’aient pas l’air d’en souffrir outre mesure.

Le guide nous invite à prendre le thé sous la tente, mais auparavant, nous nous habillons très chaudement, car la température descendra sous le point de congélation, il ne faut pas l’oublier. Pop corn, petits chaussons aux bananes, thé de coca, chocolat chaud et autres boissons chaudes ont été préparés par nos cuisiniers qui se déplacent beaucoup plus rapidement que nous dans les sentiers montagneux pour nous accueillir ainsi.   Pour ma part,  je plonge dans le plat de pop corn et bois  un thé de coca.    Le repas est  servi plus tard en soirée et c’est l’excellente soupe que je déguste avec appétit.  Nous sommes tous collés les uns sur les autres dans la tente et le guide, qui est très spirituel,  créé  par sa seule présence, son regard scrutateur et son sourire bienveillant  une atmosphère empreinte de tranquillité .    Nous discutons longuement des Incas, des  Quechuas, des conditions de vie de ceux-ci dans les Andes et de leurs croyances qui demeurent intactes, mais  nous avons aussi des discussions très scatologiques, dont je vous épargne les détails,  qui nous font rire à gorge déployée…  Dire que nous étions des purs étrangers il y a  quelques jours!

La lune éclaire  les Andes durant la nuit  et  nous avons l’air de lutins affairés à quelques occupations bizarres alors que nous ne cherchons qu’un endroit tranquille où faire nos petits besoins sans être vus avant d’aller dormir. Situation que nous trouvons  très amusante et qui provoque, encore une fois, bien des rires…    Je mets mes combines,  mon chandail  et  mes bas en alpaga, de même que  ma tuque, avant de me glisser dans mon sac de couchage  que  j’ajuste étroitement  afin que  la chaleur dégagée par mon corps reste à l’intérieur.  De plus, je respire  dans celui-ci, un truc efficace que m’a donné une amie alors que nous campions,  pendant notre adolescence, par une froide nuit d’août,  sur la grève du fleuve St-Laurent.  Enfin, Ginette, qui utilise la même technique,  propose que nous nous collions afin de conserver encore plus notre chaleur!  Ce n’est donc pas le froid qui me réveille durant la nuit, mais bien des bruits bizarres à l’extérieur, tout près des tentes,  dont je ne  connais pas l’origine…  Bêtes féroces? Cochons? Chiens? 

Je vis une aventure  inoubliable,  je le sens,  je le sais…

S'enfoncer encore plus, à pied, au coeur des Andes, une aventure en soi...

Marcher dans un endroit, c'est le connaitre intimement, car on a le temps de s'imprégner de sa beauté, des ses odeurs, de ses couleurs, de toutes ses particularités... On entre en symbiose avec lui, rien de moins!

Le campement à la limite du village de Huakawasi...

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Corruption et déstabilisation…

septembre 17, 2010

Levés de bon matin, nous prenons la route menant à Lares, là où débutera le trek de trois jours.   Quand je dis tôt, c’est tôt! En effet, la route de montagne y menant ferme de 7h00 à 13h00 chaque jour pour permettre aux ouvriers qui s’occupent de sa réfection  de travailler et dynamiter sans devoir arrêter à tout moment.   Si nous arrivons en retard, nous ne pourrons aller dans les bains thermaux avant de commencer le trek.

Qu’arrive-t-il? Et bien, étant donné que nous sommes au Pérou, qu’une voyageuse souffre du mal de l’altitude ce qui a eu un effet sur sa ponctualité  et que le décalage horaire d’une heure semble être de cinquante-cinq minutes, nous arrivons trop tard.  La route est fermée!   Nous ne sommes pas les seuls d’ailleurs  puisqu’un autobus transportant  des États-Uniens et un pick-up,  avec un lama en bois accroché après la cabine et des Péruviens bien emmaillotés dans la boite,  se trouvent dans la même situation.    Notre guide, qui s’est joint à nous au petit matin,  sort pour négocier. Il n’est pas le seul… Celui des Américains semble avoir une influence importante  puisqu’au bout de 30 minutes de négociation, nous empruntons la route  nous menant à Larès. Vive la corruption!   Quand elle nous sert…

La route simple serpente au sommet des montagnes et lorsque nous rencontrons un autre véhicule, le plus gros l’emporte.  Alors, nous reculons parfois et  nous imposons à d’autres moments.  Une chose est certaine, nous sommes légèrement stressés, surtout lorsque nous devons arrêter pour un moment, des ouvriers étant prêts à dynamiter une portion de route. Certains d’entre nous en profitent pour libérer la tension de leurs intestins ou de leur vessie.   Nous sentons notre éloignement… les montagnes se succèdent, les habitations s’éloignent les unes des autres et changent de style, et enfin,  les alpagas sont plus nombreux.  

À Lares, quelques heures plus tard, nous nous immergeons dans les bains thermaux remplis d’eau sulfureuse jaunâtre.  Elle est chaude à souhait, même si son apparence n’est pas très ragoûtante! Nous nous prélassons, car nous savons ce qui nous attend: des jours de marche intense, en altitude, ainsi que des nuits en campement… Les douches, l’eau chaude et le confort moderne ne seront pas au rendez-vous!

Nous prenons le premier repas du trek, préparé par l’équipe de cuisiniers, avec  notre guide Samaon…  Une équipe à 100% quechua! Dès l’arrivée de la première assiette, le guide amorce ce qui deviendra un rituel en faisant signe de passer les assiettes vers le bout de la table. Ainsi, les assiettes, arrivant par  deux,  passent de ses mains à lui,  puis de mains en mains vers le fond de la table.   Alyson, notre organisatrice, nous apprend qu’elle ne sera pas de l’aventure puisqu’elle retournera à Urubamba avec Lise qui souffre du mal de l’altitude. Il faut comprendre qu’il n’y a aucune chance à prendre à cause de l’isolement dans lequel nous nous trouverons.    À ce moment-là, les dés sont jetés et  donne  le ton à notre aventure, mais cela,  nous ne le savons pas encore! 

C’est sur cette note que nous commençons  notre grande aventure.  Nous sommes un peu inquiets à l’idée de nous retrouver sans Alyson,  une femme dynamique, organisée et connaissant bien les us et coutumes de son pays d’origine.  Nous devons maintenant transposer notre confiance en notre guide quechua Samaon, ce qui est un peu étrange sur  le moment…   Cependant, notre logique est implacable: si Alyson lui fait confiance et bien, nous ferons de même! 

Nous empruntons le sentier derrière Samaon qui marche lentement, conscient des efforts que nous devons fournir afin d’adapter notre système cardio-respiratoire.   Il possède une force tranquille,  et dès l’instant où mes pas prennent le rythme des siens,  ma confiance en lui est  entière.  Au diable les avertissements concernant enlèvements et  viols du ”lonely planet”…

La route en réfection d'Urubamba à Lares

Les sources chaudes de Lares

Les bains thermaux, de l'eau chaude sulfureuse produite par des activités volcaniques...

Un premier repas servi sous les chauds rayons du soleil...

Un petit thé de coca avant de partir?

Nos bagages (sacs de couchage et cie) et nos denrées alimentaires chargés sur des mules

Rythmer ses pas à ceux du guide, faire confiance...

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