Voir Machu Picchu… Un rêve que de nombreux humains partagent, et ce, qu’importe leur origine, puisque c’est le symbole par excellence de la civilisation inca, laquelle a réussi à laisser des traces importantes de son passage en Amérique et du niveau de développement important qu’elle avait atteint en astronomie, en agriculture et en architecture. Je vous l’ai déjà dit, mais les Quéchuas, descendants de la classe ouvrière inca, pensent que la noblesse inca a réussi à fuir et à s’établir à un endroit où il est impossible de la retracer, et ce, même à l’ère moderne avec les satellites et toutes les technologies existantes. En Amazonie, par exemple…
J’avais des doutes, de gros doutes par rapport au plaisir que pouvait me procurer la visite de Machu Picchu. La visite du site de Pisaq, après notre disparition dans les Andes (alors que nous étions complètement à la merci de nos guides et de notre destinée) (j’aurais pu me faire violer [ne riez pas] ou encore me retrouver avec un oedème cérébral à cause de l’altitude), je me disais que cette visite ne pouvait que me déplaire… Écoutez, j’étais une Quéchua jusqu’au plus profond de l’âme à ce moment-là ! Alors y monter à pied avait pour moi un attrait initiatique certain.
Toutefois, la Quéchua spirituelle était fatiguée d’avoir tant marché, gelé (la nuit) et résisté à l’altitude lors de ces pérégrinations dans la vallée sacrée… Je décidai de ne pas me lever au petit matin, de monter jusqu’au site en autobus et de laisser la difficile ascension à d’autres. J’avoue, j’avoue que si un des autres voyageurs m’avait tordu le bras pour le faire, je me serais probablement laissé tenter… Alors, nous sommes montés aisément, presque en chantant, dans un autobus, sur une route en lacet qui montait gaiement vers ce sommet abrupt et légendaire.
C’est l’Inti Punku que je voulais attaquer ( la porte du soleil) (probablement le sentier le plus vertigineux que j’aurai fait de ma vie), un autre défi de dépassement, car je voulais vérifier que j’avais bel et bien laissé mon vertige au Québec. En effet, la Caroline qui avait passé près de rouler sous les roues d’un camion sur le pont suspendu de Taos au Nouveau-Mexique avait disparu. Elle n’existait plus. Elle n’avait tout simplement pas le choix (elle a un caractère de cochon) (elle fonce) et Pat n’était pas là pour la soutenir…
J’ai été submergée d’admiration lorsque j’ai contemplé Machu Picchu, mais j’ai pleuré de joie, de fierté, de peur et de vertige, quand je suis arrivée à la porte du soleil, d’où je pouvais voir Machu Picchu au loin sur son escarpement rocheux… Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai eu peur à certains endroits sur le sentier, surtout quand je voyais la rivière (d’à peine quelques millimètres du sommet où je me trouvais) et la route zigzaguer avec cette impression d’y atterrir, si par hasard, le pied me manquait ou le vide m’avalait. Un défi surmonté, un moment à inscrire dans le fichier « intensité ».
J’aurais pu vous dire que le Chili a tenté de s’approprier le Machu Picchu, que le site s’affaisse de plusieurs centimètres par année parce que l’affluence touristique est disproportionnée, que malgré moi, j’avais un certain jugement envers les touristes qui couraient à côté de nous sur les terrasses avec leur grosse caméra et qui ne nous laissaient pas un centimètre pour respirer (heureusement qu’ils ne montaient pas vers l’Inti Punku), que les lamas avec des pompons aux oreilles étaient d’une quétainerie certaine (mais je m’abstiens, faites comme si vous n’aviez pas lu ce paragraphe).
Notez bien que je garde l’estampe du Machu Picchu sur mon ancien passeport avec fierté dans ma boite à souvenir (avec une mèche de cheveux de Sara, un foulard de ma grand-mère qui conserve encore son odeur, des billets de spectacle, les bracelets d’hôpital de mes enfants, quelques dents de bébés, etc.).

Le sanctuaire historique de Machu Picchu, site du patrimoine mondial depuis 1983 (génie créateur, témoignage de tradition culturelle, beauté ou phénomène naturels, processus écologiques ou biologiques ayant une grande signification).

Machu Picchu qui se trouve à 2 400 mètres au-dessus de la mer est construit dans un environnement magnifique, mystérieux, vertigineux...








