Il y a plusieurs façons de voir la vie, les événements et les circonstances. Certaines personnes sont d’éternelles optimistes trouvant la beauté et le positif dans toute chose, et surtout, elles savent profiter du moment présent. D’autres s’attardent sur ce qui cloche, ce qui aurait pu être et n’est pas. Malheureusement pour elles, cette vision leur fait voir négativement ce qu’elles vivent et les empêche de profiter du moment présent.
J’ai une très nette propension à m’extasier, à voir le beau, à apprécier le moment présent dans sa réalité et non dans ce qu’il aurait pu être. Mes amis(es) , à la blague, disent que mes voyages sont toujours extraordinaires. Alors, m’interrogent-ils, ce voyage doit être le plus beau que tu as fait jusqu’à maintenant? Effectivement, qu’importe l’endroit, mon dernier voyage est toujours le plus beau, car il m’habite avec les gens rencontrés, les paysages admirés, les moments vécus, les montagnes vaincues, les sentiers arpentés, les odeurs respirées et tout ce qui a fait sa particularité. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il y ait de la brume, qu’un sentier soit difficile, je m’extasie, car j’ai cette qualité de ne pas me créer trop d’attentes et d’apprécier le moment comme il est, tout simplement!
Dans mes billets sur le voyage en Gaspésie avec Michèle, j’ai omis, jusqu’à maintenant, de vous parler des commentaires des gens que nous avons rencontrés. En effet, mes billets sont le reflet de qui je suis, de ce que je vis, de ce que je vois, de ce que je respire, de ma vision de la réalité. Mais, comme l’a si bien dit Michèle : « nous ne sommes pas tous faits du même bois »…
Lors de ce voyage, j’ai pu constater que j’étais différente de la majorité des gens. Alors que nous venions d’atteindre le sommet du mont Albert, les plaintes d’une jeune femme parvinrent à mes oreilles: » Je suis tellement, tellement déçue, il y a des nuages et on ne voit rien »… Cette plainte, je l’ai entendue plusieurs fois répétée par la même personne et par d’autres aussi. Même chose en grimpant le mont Xalibu… Moi, je tripais! J’aime la brume, le vent… Et puis, les hautes montagnes attirent les nuages. En fait, ce sont des machines à nuages. Et cela, je le sais pour avoir fait l’ascension de plusieurs hauts sommets que ce soit en moto, en auto ou à pied. J’ai même vécu pendant deux semaines au pied d’un volcan à Maui et plus la journée avançait, plus les nuages s’accumulaient autour de son sommet. Je ne peux pas croire que des gens se plaignent de ne pas avoir eu de vue, car ils en ont eu une tout le long, ou presque, de la montée… De plus, le brouillard amène une atmosphère d’irréalité dans ces paysages dénudés. Il offre à nos yeux, une vision limitée, mais pleine de beauté…
De même, alors que je pleurais devant la beauté du canyon par lequel nous allions descendre le mont Albert, arriva un jeune couple qui s’installa sur le belvédère. Le premier commentaire de la jeune femme fut le suivant: » je suis tellement déçue, je n’ai pas vu de caribou ». Elle avait devant elle un paysage sublime, où la brume et les nuages n’avaient aucune prise et elle se plaignait de ne pas avoir vu de caribou…
Les gens ont trop d’attentes, ce qui les empêche de voir la beauté qui les entoure…
Pierre F a écrit un excellent billet sur le sujet, je vous suggère d’aller le lire…
Le sommet du mont Albert, entouré de nuages, est pour moi l’un des plus beaux endroits du monde…