Archive pour la catégorie ‘Gaspésie 2010’

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En résumé…

juillet 16, 2010

Ainsi se termine la fameuse escapade en Gaspésie qui avait pour but de relever plusieurs défis dont le sentier extrêmement difficile « le tour du mont Albert » et la capacité de squatter sans Pat…  Je peux affirmer que ces défis ont été relevés avec succès et de nombreux autres d’ailleurs…  Notamment, celui de vidanger les réservoirs! 

Voici donc un résumé, comme j’aime les faire, du voyage:

-  46,3 kilomètres de randonnée dont 28,1 kilomètres catégorisés comme étant très difficiles;

- Squat à des magnifiques endroits;

- Feux de grève;

- Repas de pattes de crabes et de morue fumée;

- Beaucoup de fous rires;

- De beaux couchers de soleil et des belles tombées de nuits sur le fleuve Saint-Laurent;

- Des beaux sommets embrumés;

- Une belle éclaircie bien méritée;

- De l’eau de ruisseau pour étancher la soif de Michèle;

- Un peu de « Kaïn » pour alléger notre humeur;

- Une rencontre inoubliable avec le Capitaine Michaud;

- Une ascension dangereuse dans une échelle, aidées par un septuagénaire;

- Une nouvelle amitié qui  s’est développée…

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L’être humain est fait pour marcher…

juillet 16, 2010

Le 5 juillet 2010

L’être humain est fait  pour marcher…  J’ai peine à descendre de la capucine le matin, mes jambes et mes hanches crient de douleur à tel point que j’ai l’impression d’avoir 90 ans, mais  je grimpe lestement les montagnes et  j’enfile les kilomètres dans la journée.  J’avoue que les réveils deviennent même de plus en plus faciles.  J’ai observé ce phénomène  l’an dernier à Terre-Neuve alors que Pat et moi avions marché 96 kilomètres pendant notre voyage.  Il suffit de se dérouiller tranquillement, de s’étirer un peu et de mettre un pied devant l’autre.  Le corps s’adapte et répond de plus en plus.   Plus encore, il faut quelques doses de courage, d’audace et de confiance en soi.  La force mentale est, à mon avis, aussi importante que la forme physique !   Je suis impressionnée de cette faculté de l’humain…  Sans la marche, il n’y aurait pas eu de migrations humaines, un des  éléments importants de la présence humaine sur la terre… 

Ce matin, nous nous réveillons donc les muscles quelque peu endoloris par nos pérégrinations extrêmes dans le parc national de la Gaspésie, mais, quel bonheur,  au son des vagues de la plage Cartier. C’est une journée improvisée, car je pensais que Michèle travaillait mardi et que nous devions prendre la route aujourd’hui.  En fait, elle ne travaille que mercredi ce qui nous donne une journée supplémentaire en Gaspésie.  Cafés,   exploration de la  promenade qui passe sous le pont et longe la rivière et petits déjeuners nous permettent de bien commencer notre journée et de discuter de son orientation.  Nous décidons d’un commun accord de parcourir au complet le sentier de 6,4 kilomètres qui longe la rivière et de partir plus tard pour le parc du BIC pour y dormir et marcher si nous en avons le temps…     Ce sentier ne comporte aucun degré de difficulté, aucun rocher, aucune racine,  ni aucune dénivellation.  Cependant, il a la particularité de longer la magnifique rivière parsemée de profonds bassins clairs et invitants dans lesquels Pat n’aurait évidemment pas hésité à se baigner. 

 Une rivière limpide parsemée de bassins… 
De magnifiques petites fleurs… 
Eau vive de la rivière Saint-Anne, rosiers et vieux pont de bois… 

Nous prenons ensuite la direction du parc du Bic où nous marchons encore un bon 5 kilomètres…  Ce sentier a la particularité de longer le rivage du fleuve dans ce secteur magnifique où des iles parsèment la côte pour le plus grand plaisir du regard.  Rosiers, falaises, anses, pluie, nuages sont au rendez-vous, mais Michèle a beau tendre l’oreille et scruter attentivement les  baies et les anses, aucun phoque ne se pointe le nez…  Elle entend japper, mais moi, je pense que c’est le  bruit de son sac à dos qui frotte sur son manteau!    Nous revenons au Winnie,  trempées comme des lavettes,  vers 20h00.  Un souper aux pattes de crabes nous attend, mais malheureusement il y a des pancartes interdisant de camper aux endroits que je connais pour squatter dans cette municipalité.  Nous nous rendons à la halte routière sur la 132 et je peux vous dire que c’est quand même un très bel endroit.  Sous la pluie, de toute façon, je ne crois pas que nous aurions pu allumer un feu de grève et en profiter…

 

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Réflexion…

juillet 16, 2010

Il y a plusieurs façons de voir la vie, les événements et les circonstances.  Certaines personnes sont d’éternelles optimistes trouvant la beauté et le positif dans toute chose, et surtout, elles savent profiter du moment présent.  D’autres s’attardent sur ce qui cloche, ce qui aurait pu être et n’est pas.   Malheureusement pour elles, cette vision leur fait voir négativement ce qu’elles vivent et les empêche de profiter du moment présent. 

J’ai une très nette propension à m’extasier, à voir le beau, à apprécier le moment présent dans sa réalité et non dans ce qu’il aurait pu être.  Mes amis(es) , à la blague, disent que mes voyages sont toujours extraordinaires.  Alors,  m’interrogent-ils, ce voyage doit être le plus beau  que tu as fait jusqu’à maintenant?  Effectivement, qu’importe l’endroit, mon dernier voyage est toujours le plus beau, car il m’habite avec les gens rencontrés, les paysages admirés, les moments vécus, les montagnes vaincues, les sentiers arpentés, les odeurs respirées et tout ce qui a fait sa particularité. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il y ait de la brume, qu’un sentier soit difficile, je m’extasie, car j’ai cette qualité de ne pas me créer trop d’attentes et d’apprécier le moment comme il est, tout simplement! 

Dans mes billets sur le voyage en Gaspésie avec Michèle, j’ai omis, jusqu’à maintenant,  de vous parler des commentaires des gens que nous avons rencontrés.  En effet, mes billets sont le reflet de qui je suis,  de ce que je vis, de ce que je vois, de ce que je respire, de ma vision de la réalité. Mais, comme l’a si bien dit Michèle : « nous ne sommes pas tous faits du même bois »… 

Lors de ce voyage, j’ai pu constater que j’étais différente de la majorité des gens.  Alors que nous venions d’atteindre le sommet du mont Albert, les plaintes d’une jeune femme parvinrent à mes oreilles:  » Je suis tellement, tellement déçue, il y a des nuages et on ne voit rien »…  Cette plainte, je l’ai entendue plusieurs fois répétée par la même personne et par d’autres aussi.  Même chose en grimpant le mont Xalibu…    Moi, je tripais! J’aime la brume, le vent…   Et puis, les hautes montagnes attirent les nuages.   En fait, ce sont des machines à nuages. Et cela, je le sais pour avoir fait l’ascension de plusieurs hauts sommets que ce soit en moto, en auto ou à pied.  J’ai même vécu pendant deux semaines au pied d’un volcan à Maui et plus la journée avançait, plus les nuages s’accumulaient autour de son sommet.  Je ne peux pas croire que des gens se plaignent de ne pas avoir eu de vue, car ils en ont eu une tout le long, ou presque,  de la montée…   De plus, le brouillard amène une atmosphère d’irréalité dans ces paysages dénudés.  Il offre à nos yeux, une vision limitée, mais pleine de beauté…  

De même, alors que je pleurais devant la beauté du canyon par lequel nous allions descendre le mont Albert, arriva un jeune couple qui s’installa sur le belvédère. Le premier commentaire de la jeune femme fut le suivant:  » je suis tellement déçue, je n’ai pas vu de caribou ».  Elle avait devant elle un paysage sublime, où la brume et les nuages n’avaient aucune prise et elle se plaignait de ne pas avoir vu de caribou… 

Les gens ont trop d’attentes, ce qui les empêche de voir la beauté qui les entoure… 

Pierre F a écrit un excellent billet sur le sujet, je vous suggère d’aller le lire…

Le sommet du mont Albert, entouré de nuages, est pour moi l’un des plus beaux endroits du monde… 
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Regarder le soleil se coucher, puis la nuit tomber sur le fleuve…

juillet 16, 2010

 Le 4 juillet 2010 (suite)

Nous roulons vers Ste-Anne-des-Monts avec l’idée de coucher sur le bord du fleuve et bien entendu, comme le désire ardemment Michèle, de veiller sur le bord d’un feu de grève en mangeant des pattes de crabes… Pour ces dernières,  les poissonneries sont fermées, alors cela ira à demain.  Mais pour la  veillée sur la grève, pas question de passer outre!    Michèle a entré les coordonnées d’une grève de Cap-au-Renard dans son GPS, mais nous allons voir dans un premier temps s’il n’y a pas un beau petit « spot »  à  Ste-Anne-des-Monts même. J’ai quelques renseignements à ce sujet,  et nous allons vérifier de visu… 

Nous empruntons la rue du village qui longe le fleuve,  passons devant le quai, les restaurants et quelques boutiques pour les touristes et finissons par arrêter à la plage Cartier.   Il n’y a aucune interdiction de camper, mais rien n’indique que nous pouvons coucher ici.  Nous ne sommes pas certaines, mais nous décidons d’y souper et d’y passer la soirée, rien ne nous empêchera de nous rendre à l’église ensuite si cela s’avère nécessaire.   Nous sommes à l’extrémité de la plage, directement à l’embouchure de la rivière.  Des pêcheurs de truites de mer se relaient afin de tenter une belle prise, mais ils n’ont pas  de succès ce soir-là.  

Nous nous installons sur la plage avec une couverture, un verre de vin et notre souper.  Le fleuve, encore une fois,  est magnifique en cette fin de journée. Si vous n’avez jamais vu le soleil se coucher,puis la nuit tomber sur le fleuve,  vous devez absolument inclure cela dans votre top 10 de choses à faire dans votre vie. Pour ce faire, vous devez vous trouver sur la Rive-Sud du fleuve bien entendu. C’est un spectacle incomparable! 

Michèle prend l’initiative de se rendre à la cantine afin de savoir si on peut faire un feu.  En même temps, elle leur demande s’ils servent des déjeuners et si nous pouvons dormir ici. Elle apprend donc que des gens font des feux tous les soirs et qu’il ne devrait pas y avoir de problème pour dormir. La dame lui suggère d’aller dans le parc municipal en face si nous nous faisons avertir. 

Une autre belle soirée comme je les aime sur la plage…

 Un début de soirée qui prendra des teintes plus éclatantes… 
Il faut voir le soleil se coucher et la nuit tomber sur le fleuve St-Laurent… 
Qu’en dites-vous? 
Quel bel endroit pour squatter… 
Feu de grève, feu de joie… 
Apprécier le moment présent… 
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Et, puisque ma caméra fonctionne à nouveau, deux petites vidéos…

juillet 16, 2010
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Les photos du mont Xalibu…

juillet 16, 2010

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Comment récupérer le lendemain de l’ascension et du tour du mont Albert…

juillet 16, 2010

Le 4 juillet 2010 (suite)

Hier, j’ai demandé l’avis du préposé à l’accueil quant à nos projets de randonnées d’aujourd’hui. Sur mon itinéraire, j’avais inscrit le lac-aux-Américains et l’ascension du mont Xalibu, mais celui-ci nous a suggéré  le mont Ernest Laforce…   C’est donc sa suggestion que pensons suivre en cette grise journée de juillet.  Nous devons rouler quelques kilomètres sur le chemin forestier qui mène au mont Jacques Cartier afin de joindre le lac-aux-Américains, puis reprendre la route encore quelques kilomètres pour se rendre au mont Ernest Laforce.

En passant l’intersection où  le sentier qui mène au sommet du mont Xalibu commence, je me dis que en regardant le panneau qui indique que le sommet se trouve à 4 kilomètres, que dans le fond, ce serait aussi bien de faire cette randonnée plutôt que de retourner sur nos pas et reprendre la route pour se rendre à l’autre sentier…  Alors que nous mangeons sur le quai du lac-aux-Américains, Michèle me propose de faire le sentier du mont Xalibu, puisque de toute façon nous y sommes déjà, qu’on a pas besoin de reprendre la route pour se rendre à l’autre sentier, etc…  On est connectées hein?

Les 3,2 kilomètres du sentier du lac-aux-Américains ajoutés aux 8 kilomètres de celui du mont Xalibu font un total de 11,2 kilomètres… Une partie de plaisir pensons-nous!  Surtout après la montée et la descente d’enfer de la veille au mont Albert…  Naïves et innocentes, nous empruntons le sentier en riant de la grosseur des roches et du léger dénivelé du départ.  Hummm…  La vérité, c’est que nous suons à grosses gouttes et fournissons des efforts mémorables pour atteindre le sommet de cette montagne.    D’ailleurs, nous sommes en train de faire un sentier difficile du parc, mais nous l’ignorons…  À la fin du parcours,   après avoir évolué dans un univers étrange nimbé de brume et de mystère,  à travers un sentier balisé par des cairns*, nous constatons qu’ il culmine à 1140 mètres d’altitude.  Quelques mètres de plus que le mont Albert,  rien de moins!  Que de fierté nous ressentons…  Bon, je l’avoue, le dénivelé est moins important (450 mètres), mais c’est un défi de taille…

La motivation de Michèle tout au long de l’ascension ( je dirais presque une litanie): un  feu de grève, une bouteille de vin et des pattes de crabes pour agrémenter notre soirée sur le bord du fleuve.  Je vous le dis, elle est contaminée…

* Petits monticules de pierres que les explorateurs ou les alpinistes édifient comme repère.

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Un défi de taille à relever…

juillet 16, 2010

Le 4 juillet 2010

Au moment de quitter le camping du mont Albert,  je teste mes systèmes afin de vérifier que nous garderons un bon niveau d’autonomie  jusqu’à la fin du voyage… Surtout qu’après une autre journée dans le parc de la Gaspésie, nous retournerons sur les rives du fleuve.  Les batteries sont chargées au maximum, le réservoir à propane presque plein, mais je m’aperçois que les réservoirs noirs, gris et d’eau potable sont pour les deux premiers remplis au-delà de la moitié et pour le dernier, vide.   Michèle et moi décidons de relever ce défi et nous nous rendons au poste de vidangeage du camping.

Les hommes nous précédant ont fait des dégâts, ce qu’ils nous avouent candidement. Le tuyau de l’un est sorti du trou et une partie du contenu de son réservoir noir s’est répandu sur la base de ciment.  De loin, Michèle et moi observons pensivement les bouts de papier de toilette ainsi que les étrons épars sur le sol…

Nous approchons avec le Winnie que je réussis à positionner parfaitement avec l’aide de Michèle, qui soit dit en passant, se place très bien dans les miroirs quand vient le temps d’effectuer des manoeuvres serrées pour me guider.    Nous ouvrons la porte du compartiment, sortons le tuyau, vissons le tuyau et nous préparons au vidangeage… 

Pat m’a souvent expliqué comme faire, c’est-à-dire, quelle manette tirée en premier, puis en second et pourquoi: la  noire au contenu plus consistant,puis la grise pour nettoyer le tuyau…  Je me penche et tente de tirer. La manette est bloquée. Toute douchée de frais, j’ai les deux pieds dans la marde de mon prédécesseur et le coeur me lève. Michèle essaie, mais n’a pas plus de succès.  Puis, je vois le coin de mon imperméable toucher presque le sol souillé et s’en est assez.  Je dis à Michèle,  qui n’en mène pas large non plus, que j’avance afin d’examiner tranquillement mes manettes. 

Entourées d’herbes fraiches humides et de cailloux propres, il est beaucoup plus facile d’examiner attentivement la situation.  Je refais donc le tour de la boucle et attends derrière une roulotte. Nous avons beau expliquer aux deux hommes nos difficultés en tentant de faire pitié, ils ne s’offriront pas pour nous aider…   Cependant, nous réussissons du premier coup à vider les réservoirs cette fois-ci, puis nous partons dans le camping remplir le réservoir d’eau…  Défis relevés…

J’aurai durant plusieurs heures l’impression de ne pas m’être douchée et Michèle gardera intacte l’odeur nauséabonde de la substance dans laquelle a trempé nos souliers. Et ce, même si nous les avons rincés abondamment, souvent…

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Le tour du mont Albert…

juillet 16, 2010

Le 3 juillet 2010

Mauvaise programmation de l’alarme du cellulaire, départ de l’anse aux quinze collets en envoyant un large salut de la main au Capitaine Michaud qui s’affaire déjà sous son bateau,  déplacement vers le parc de la Gaspésie et préparation de départ ont fait en sorte que nous commençons l’ascension du mont Albert vers 11h00!  Le tour de 17,4 kilomètres s’effectue dans un délai de 6 à 8 heures et comme les journées sont longues, nous ne nous inquiétons pas outre mesure. 

L’ascension de 5.7 kilomètres jusqu’au sommet du versant nord du mont Albert est continue et le dénivelé de 850 mètres de ce sentier est le plus important du parc de la Gaspésie.  La flore est luxuriante, le sentier rocailleux étroit, la vue sur la vallée imprenable, le courage et l’audace nécessaires…  Michèle et moi progressons lentement, un pas à la fois, conscientes que nous  devons doser nos énergies pour faire le grand tour du mont Albert. Lors d’une randonnée extrêmement difficile comme celle-ci, la force mentale est aussi importante que la force physique, car il ne faut jamais se décourager…  Je me répète la phrase du Capitaine Michaud: « L’avenir appartient aux audacieux »… Heureusement, car encore une fois, je ne me suis pas levée tôt!

Lentement, mais surement, nous arrivons au sommet en sueur, accablées de chaleur.  Rapidement, dès que nous récupérons des efforts de la montée,  le froid pénètre nos vêtements  et les transperce.  Il vente et le sommet est dans les nuages. Les gens se cachent dans le minuscule abri nommé « les rabougris ».  Nous, nous mangeons à l’extérieur. J’aime cette atmosphère irréelle que créée le brouillard; j’aime ce froid mordant qui apaise les chaleurs et les sueurs de l’effort; j’aime respirer l’air frais de cette montagne que j’ai montée avec mes pieds; j’aime me trouver au sommet du mont Albert…

Nous traversons ensuite une partie de l’immense plateau du sommet sur une passerelle de bois, et ce, afin de ne pas abimer la tourbière qui se trouve sous nos pas…   Les nuages filent à toute allure,  les petites plantes arctiques alpines attirent notre regard par leur finesse et leur délicatesse, la passerelle nous permet de relâcher notre attention du sentier et d’admirer ce qui nous entoure, les piles de l’appareil photo de Michèle rendent l’âme et le mien ne fonctionne plus depuis la veille…

Puis, nous arrivons à un belvédère qui se nomme « le Versant »…  Je ne peux que reprendre un vieux cliché pour exprimer ce qui se passe en moi à ce moment-là : c’est tellement beau que j’en ai le souffle coupé!  Coupé,  jusqu’à en pleurer… Pleurer, jusqu’à ne plus pouvoir arrêter… 

Un immense canyon s’étend sous nos yeux, des masses de neige couvrent les flancs du mont, un ruisseau dévale à travers les immenses rochers, une minuscule rivière coule au fond de la vallée.   On dirait la vallée du parc Jurassique ou, comme le dit Michèle, la vallée de Petit Pied le dinosaure… Nous descendons au début du sentier et nous asseyons sur des rochers à quelques mètres l’une de l’autre, silencieuses, avalées par ce paysage qui se déploie sous nos yeux.  Mes larmes arrêteront-elles de couler?   Dans ma tête, je grave ces images, à défaut de les immortaliser sur une photo ou une vidéo…  Par contre, je ne peux m’empêcher de demander (où est-ce  Michèle?) à un jeune couple de le faire pour nous et de nous les envoyer par courriel ensuite…

Nous entamons enfin la longue descente  de 12 kilomètres. Une descente difficile durant laquelle nous devons jouer à saute-mouton sur les rochers et porter une attention constante au sentier qui longe la rivière, et ce, jusqu’à la toute fin du parcours ou presque…  D’ailleurs, alors que nous avançons facilement pour une fois, des racines sont les seuls obstacles visibles, je crie à Michèle en voyant un minuscule caillou:  » Oh non, pas encore une rocher » … Ce qui nous fait bien rire! 

Au camping, après un repas léger pris sans grand appétit, nous nous couchons sans aller nous doucher, même si cela fait 3 jours que nous nous lavons à la débarbouillette… Enfin, Michèle,  bien qu’elle trouve que notre site de camping est grand et boisé, avoue qu’elle préfèrerait squatter une plage sur le bord du fleuve et y faire un feu…

Je pense qu’elle est contaminée par  la vie de nomade…

Voici la carte du sentier avec le relief… 

 

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Quelques photos de l’anse des quinze collets…

juillet 16, 2010

Le chantier naval et le port de pêche – tourelle 

 

Le port de pêche… 

Vue de l’anse à partir du Winnie… 

Michèle, le fleuve et la tourelle… 

La tourelle a la forme d’un visage sous cet angle… 

Progression sur le rivage… 

 

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