Le 4 août
Minuit. Mon cellulaire sonne. Pas celui de Pat. Je le savais! Je le réveille et nous partons vers le quai du traversier tout endormi. Nous apprenons que nous ne partirons que le lendemain midi… (????). On attend ça fait trois jours. On en a marre! On fait quoi? On retourne au calme sur l’autre quai ou on reste ici, en file, sur ce grand stationnement tellement illuminé qu’il y règne un jour artificiel, bercés par le bruit des camions qui font fonctionner inlassablement leurs génératrices?
On ferme nos rideaux et on reste en file. On dort jusqu’au lendemain matin et tant qu’à surchauffer sur l’asphalte et le béton, je reste encabanée, les rideaux fermés et je me branche sur internet jusqu’à ce que vienne le temps de monter à bord… Avant de quitter Winnie III, on met de l’eau et de la nourriture aux chiens, on serre nos souliers pour éviter de les retrouver grugés par Bobby et on met des serviettes sur les banquettes.
Contre toute espérance, on passe une bonne partie de la traversée à l’extérieur puisqu’il fait chaud, très chaud, même en plein coeur du golfe du Saint-Laurent. Moi, il y a quelque chose que je ne comprends pas… Comment se fait-il que j’eusse eu besoin d’un manteau d’hiver, en pleine journée de canicule sur le fleuve, lorsque j’avais été voir les baleines à Tadoussac, en bateau, il y a de nombreuses années et que je crève de chaleur sur le traversier pour me rendre à Terre-Neuve? Et le courant du Labrador?

La traversée est longue. Chanceux comme on l’est, elle est de 7 heures au lieu de 5, car le capitaine doit se reposer lors de celle-ci, règlement de transport Canada!!!! Lorsque la faim se fait sentir, on entre prendre un repas au restaurant à la carte, où nous sommes presque seuls, les gens préférant tous s’agglutiner dans les mêmes endroits et attendre en ligne pour manger à la cafétéria. La serveuse et un autre client en profitent pour nous avertir que le climat est maussade à Terre-Neuve, mais que c’est très beau. Sur météo média, nos 14 jours à Terre-Neuve sont sensés être beaux, mais il y a la brume et le vent qui peuvent influencer le temps… Et puis, sur le bateau, les prévisions ne sont pas aussi belles que ce que j’avais vu moi… Je suis contente d’avoir amené une multitude de vêtements adaptés, d’avoir passé quelques jours à Assateague et d’avoir pu bénéficier de la chaleur en Nouvelle-Écosse.

Il faut avancer l’heure. Cette fois-ci de 30 minutes. Nous débarquons à Port-aux-Basques, un beau village bâti sur le roc à 20h, 18h30 heure du Québec, à travers une épaisse brume venue de la mer. D’ores et déjà, nous sommes vraiment dépaysés… Nous n’avons pas de réservation, bien entendu… Nous allons vers le J.T. Cheeseman state park, non loin de là, mais rebroussons chemin, car les emplacements de camping, loin de la mer, ne sont pas vraiment à notre goût. De plus, un pont est brisé et l’accès à la mer impossible pour le moment. Ouin…

On prend une petite route pour Cape Ray et au bout, se trouve un promontoire avec un phare. L’endroit idéal pour « squatter ». Mais nous changeons vite d’idée lorsque la corne de brume se met à crier à côté de nous… Nous nous retrouvons plus tard dans un immense stationnement sur le bord de la Transcanadienne avec la mer d’un côté et les tablemounains, faisant partie des long range mountains* qui commencent là, de l’autre… Impressionnant pour nous qui adorons les montagnes de voir le début des Appalaches qui traversent presque entièrement l’est du Canada et des États-Unis!


* présentes du sud au nord de la partie ouest de Terre-Neuve




























